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2 décembre 2011 5 02 /12 /décembre /2011 21:57

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delanatureminiÇa y est, demain est le grand jour où j'expose mes céramiques au sein des locaux de l'association Pigments et Arts du Monde. Samedi 3 et dimanche 4 décembre, de 11 h à 18 h, 20 rue Louis Morard dans le XIVe arrondissement de Paris (Mètro : Alésia), si l'envie vous prend de vous promener dans le quartier, vous pourrez découvrir mes petites céramiques. La plupart sont des porcelaines estampées avec des dentelles, auxquelles j'aime donner des formes un peu organiques, histoire qu'elles ne ressemblent surtout pas à ce qu'on trouve dans le commerce !

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Pour les décorer, j'emploie des émaux à effets, en particulier à nucléations.Comme sur la photo ci-dessous.

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Le plus amusant est de ne jamais être certaine du résultat à la sortie du four : cela varie en fonction de l'épaisseur de la poudre d'émail ou de la température de fusion... Mais je suis rarement déçue, tant les surprises sont étonnantes (et souvent impossible à reproduire !).


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Je travaille également la faïence qui cuit à une température moindre. Sa particularité est de pouvoir être couverte par des émaux aux couleurs très vives. J'ai ainsi pu jouer avec le contraste que produit l'émail turquoise avec l'aspect brut de la terre noire. Celle-ci est très chamottée, si bien qu'en la grattant, on peut la faire ressortir et former des motifs un peu ethniques.

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La couverte peut être totalement opaque ou transparente. Dans la photo ci-dessous, cet émail superbe, que j'apprécie énormément pour son aspect précieux, couvre totalement la teinte de la terre.

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La guesch, photo ci-dessous, réagit différemment à la cuisson si elle a été lissée ou grattée : l'oxyde de fer la composant ressort plus ou moins en surface. Son aspect de pain doré est très particulier. Je ne l'ai plus trop travaillée ces derniers temps, mais son aspect très brut est fort sympathique.

ceramiqueds14Le grès d'Irak, lui, est parfait pour les effets d'estampage rehaussés d'émail très contrasté, comme sur ce vide poche :

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Je n'apporterai que de petites pièces pour les transporter plus facilement, ainsi que des bijoux en pâte égyptienne, sans oublier mes sacs en tissu japonais et autres boucles d'oreille origami que vous avez pu voir précédemment ! En espérant que les badauds seront séduits et s'offriront des cadeaux de Noël avant l'heure.

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Croisez les doigts pour nous, afin que les visiteurs soient nombreux ! J'ai tout de même prévu du matériel pour travailler sur place, juste au cas où...

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22 septembre 2011 4 22 /09 /septembre /2011 15:13

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Après deux bons mois d’interruption, voilà enfin le plaisir de retourner à mon atelier de sculpture et de céramique. Je vous en parlais déjà ici, mais j’ai profité de l’an passé pour prendre quelques photos afin de vous montrer comment on procède pour monter des pièces sans utiliser un tour de potier. Cette technique demande moins de doigté, car, à moins que l’on s’acharne à introduire des bulles d’air qui la ferait exploser dans le four, il est possible de travailler la terre indéfiniment (en l’empêchant de sécher) pour lui donner la forme souhaitée. Toutefois, il faut prendre garde à ce qu’elle reste bien droite, car une légère inclinaison non souhaitée est très difficile à reprendre.

 

 

La première étape consiste à préparer la terre. Il faut la tabasser, c’est-à-dire, projeter plusieurs fois de suite un bloc d’argile neuve, avec une certaine force, sur une épaisse planche en bois, afin de lui donner une forme cubique. Cela permet de tasser les particules d’argile et d’expulser les éventuelles bulles d’air.

 

À l’aide d’un rouleau à pâtisserie en bois, posé sur deux tasseaux de même épaisseur, on étale le bloc afin d’obtenir une plaque homogène.

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Pour former le fond du vase, on utilise une demi sphère en plâtre, autour de laquelle on enveloppe, sans trop appuyer, un morceau de la plaque de taille suffisante (j’ai oublié de prendre une photo !). Délicatement, on décolle le plâtre avant de l’ôter. On obtient ainsi une coupe qu’on pose sur une petite planche, elle-même déposée sur une tournette. Avec une petite bande de tissu mouillée, on maintient humide le rebord, pendant qu’on s’occupe de découper des bandes dans le reste d’argile étalée.

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Pour cela, on utilise la largeur d’un tasseau comme une règle pour découper des bandes régulières. Afin de les empêcher de sécher, on les emballe dans du plastique (sac poubelle) bien à plat au fur et à mesure.

 

Afin de monter le premier étage du vase, on enroule une bande autour du bord de la coupelle en les faisant légèrement se chevaucher, tout comme les extrémités de la bande elle-même (si elle est trop courte, on peut en ajouter plusieurs bout à bout).

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Pour élargir, on place à la bande à l’extérieur, pour rétrécir, on la place à l’intérieur. Puis, on protège la jointure extérieure avec la bande de tissu mouillé.  

 ceramiqueds06À l’aide du dos d’une petite cuillère (ou avec une estèque comme sur la photo ci-dessous), on lisse peu à peu la jointure intérieure, en veillant à ne pas trop déformer la coupelle. Mieux vaut prendre son temps en appuyant légèrement, plutôt que de vouloir aller trop vite et introduire les fameuses bulles d’air.

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Une fois, qu’on ne distingue plus de jointure, on ôte le tissu et l’on recommence avec la face externe. Cette fois, on utilise la pointe d’un couteau. Pour bien lier les bandes, vous pouvez mélanger la terre en faisant des scarifications légères.

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L’opération est parfaite, lorsque vous ne sentez aucune différence en passant les doigts de part et d’autre du lieu où se trouvait la jointure.

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Comme cette opération occasionne forcément des déformations, il faut réajuster la forme en plaçant un calibre circulaire de la bonne taille au niveau de l’orifice. À l’aide d’une estèque de la forme souhaitée, on resserre la terre tout autour du disque.

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J’utilise cette technique, même si j’ai prévu de monter ma pièce toute droite, en employant une estèque droite pour retrouver la verticalité. Je trouve que le résultat est plus net qu’avec la technique classique suivante que je n'ai donc pas photographiée :

Pour monter tout droit, normalement, on superpose la bande parfaitement sur le bord de la coupelle après avoir veillé à bien le couper à plat. Pour cela, on utilise une règle posée à angle droit par rapport à la planche en bois pour marquer une ligne circulaire qui servira de repère pour la découpe.

 

On écrase, ensuite, la jointure intérieure avec un ébauchoir pour former un canal, dans lequel on ajoute un colombin(boudin d’argile) qu’on lisse avec la petite cuillère. Avant de faire de même avec l’extérieur.

 

On renouvelle la succession de bandes autant de fois que nécessaire pour obtenir la forme finale souhaitée.

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Comme la terre à tendance à s’écraser au fur et à mesure, il est souhaitable de laisser un peu sécher chaque étage avant de procéder au suivant. Pour cela on laisse de côté la pièce une ou deux heures avec le tissu mouillé sur le rebord pour l’empêcher de sécher, tout en permettant au fond de durcir.

On peut recommencer plusieurs jours plus tard. Auquel cas, on emballe délicatement le vase dans plusieurs sacs en plastique, hermétiquement fermés. Lorsqu’on recommence, il faut faire du palming sur le rebord. C’est-à-dire, placer le tissu humide sur le bord et frotter doucement avec les doigts pour faire pénétrer l’eau dans la terre. On peut également frotter les bandes en réserve d’une façon identique, pour que la terre des deux parties soit d’une plasticité identique.

 

Une fois la pièce terminée, on passe du temps à la lisser, ou l’on attend qu’elle soit sèche pour la poncer avec du papier de verre afin de faire ressortir sa texture si elle est chamottée. Pour que l'émail se répartisse régulièrement au niveau de l'ouverture, il faut éviter les angles et donc bien arrondir le bord.

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Il ne reste plus qu’à procéder à la première cuisson, le biscuit, la maintenant suffisamment poreuse pour être émaillée avant la cuisson suivante. Mais, ce sera pour une prochaine fois !

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2 juin 2010 3 02 /06 /juin /2010 10:39

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Comme je vous le disais, j’ai été invitée le week-end dernier aux portes ouvertes des ateliers d’artistes du XIVe arrondissement de Paris. Au sein de l’association Pigments et Arts du Monde , présidée par ma talentueuse amie Valérie Eguchi.

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Pendant qu’un très intéressant stage de peinture tankha  se déroulait dans l’atelier, nous attendions les visiteurs dans la partie galerie. Outre les superbes peintures de Valérie dont je vous avais déjà parlé et sa série en nihonga représentant les signes du zodiaque chinois, on pouvait voir des encres du maître cantonais de l’association, Fong Jok Wah, des dessins et peintures tankha sacrées du sympathique Karma Yeshe et les très originaux tableaux de Stève, un artiste trisomique à l’imagination débordante. Ces pastels colorés étaient encadrés avec beaucoup de doigté par sa mère que je salue.

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De mon côté, j’exposais quelques porcelaines, ainsi que des bijoux en pâte égyptienne.

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pateegypte1Il s’agit d’une terre particulière contenant déjà des émaux et oxydes à l’état brut. Plus on lui laisse le temps de sécher avant la cuisson, plus elle prend une teinte vert très sombre à la sortie du four.

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La présence de ces minéraux permet une fusion des petits éléments qu’on y superpose sans être obligé de les fixer fortement à la manière des autres argiles. Une seule cuisson suffit pour obtenir un effet métallique. Mais il est possible de l’émailler. Suivant le type d’émail, alcalin ou acide, on obtient une couleur turquoise ou verte émeraude que j’adore.

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pateegypte6Pour donner un petit côté asiatique à mes pendentifs, je me suis lancée dans une série de nœuds chinois. Bien entendu, j’ai pris la peine de photographier les étapes pour vous. Le temps de préparer les explications précises et vous pourrez tenter cette sympathique expérience prochainement.

 

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11 mai 2010 2 11 /05 /mai /2010 18:45

hosokawa pop01À la toute dernière minute, j'ai réussi à profiter de la dernière exposition de l'Espace Mitsukoshi Étoile à Paris. J'apprécie énormément ce lieu car il est peu connu et permet de profiter des œuvres sans se sentir oppressé. Ses salles à l'ambiance feutrée sont parfaitement en rapport avec la simplicité des créations nippones. Cette fois-ci, il s'agissait d'une exposition de calligraphies et de céramiques vibrantes de simplicité, présentant un vaste panorama des styles et des couvertes nippons, pourtant nées des mains d’un seul homme…

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Si vous êtes touché par les poteries japonaises à l'aspect brut et irrégulier, ou par les monumentales calligraphies à l'encre de Chine, courrez vite profiter de cette rétrospective de l'œuvre de l'artiste, car elle se termine samedi prochain (15 mai), vous ne le regretterez pas !

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26e chef de la prestigieuse famille de samouraïs Hosokawa, perdurant depuis 700 ans, Morihiro, ancien Premier Ministre du Japon, décide de se retirer à l’aube de sa soixantième année pour se consacrer aux plaisirs des arts traditionnels. Architecte de son propre atelier retiré au cœur du village isolé de Yugawara (Kanagawa), il emploie son temps suivant l’expression nippone « à cultiver son jardin les jours où il fait beau et à lire en paix les jours de pluie ».

 

hosokawa-morihiro03Partagé entre ses diverses passions, il excelle dans la calligraphie, et maîtrise l’art de la céramique, à tel point qu’Issey Miyake dit de lui qu’il voit « dans ses actes et dans ses engagements, une illustration exemplaire de ce que la culture japonaise offre de meilleur » et se surprend « à l’envier et presque à lui en vouloir de faire ressortir (sa) propre médiocrité »…


Ayant appris auprès de son maître les diverses techniques difficiles des styles traditionnels nippons (Raku, Shigaraki, Shino, Kôrai…), pour lesquels il semble insatiable, il parvient à se les approprier pour concevoir ses propres créations, toutes plus sensibles les unes que les autres. Perpétuellement à la recherche des rendus les plus complexes des œuvres antiques qu'il admire, il allie le savoir ancestral et ses propres expérimentations pour plier l’art subtil et insaisissable de la céramique à sa volonté : noir profond des bols Raku, couleurs « de feu » des grès Shigaraki, dosage parfait des décorations ferrugineuses des céramiques Shino…

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Ses formes sont classiques mais d'une grande beauté. Quasiment exemptes de motifs décoratifs, elles sont guidées par les caprices du feu !

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Morihiro Hosokawa connaît la durée de cuisson à la minute près pour obtenir le noir, héritage de Chôjirô Raku, qui lui est si cher. Opération délicate, car celle-ci ne s'obtient qu'en dosant parfaitement l'épaisseur de l'argile. Son autre expertise se découvre à travers ses œuvres en grès Shigaraki dont la cuisson se poursuit pendant 7 jours et 7 nuits, alimentée constamment en bois pour conserver une température de 1200 °C, afin d'obtenir les effets étonnants qui lui sont propres.

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hosokawa-morihiro08L’exposition, outre le plaisir de contempler ses outils, reconstitue le pavillon de thé Ichiyatei, situé au-dessus de son atelier. Les objets utilisés lors de la cérémonie du thé sont le point d’orgue de son œuvre. Il crée aussi bien des pots employés pour conserver les feuilles, des bols aux formes subtiles, que des mizusashi (récipients pour l’eau froide), sans oublier les « cuillères » de bambou qu’il choisit de laquer. 

C'est la céramique qui l'a mené à pratiquer l'art magnifique de la laque. Au Japon, elle permet de recoller les pièces de céramiques brisées en l'associant à de la poudre d'or. Quelques-uns des bols exposés présentent de décoratives marbrures de laque dorée ou rouge suivant les tessons ainsi recollés, qui apportent une nouvelle dimension à la pièce, la magnifiant même.

Seuls quelques rares tableaux montrent son travail de la laque, et une simple cerise ma totalement conquise !

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On remarquera également au cours de l'exposition, la sensation de bien-être offerte par la scénographie mettant en valeur la statuaire de l’artiste reprenant des animaux traditionnels, des lanternes et des divinités à l’aspect si délicat qu’on les croirait venues d’un autre âge… Présentées au cœur d'un jardin de mousses et de végétaux disposé dans une des salles, elles semblent gravées dans la pierre et abandonnés là depuis des millénaires !

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Une exposition qui comble, par sa diversité homogène (!) et sa qualité, tout amoureux du Japon traditionnel, émerveillé par un échange entre la maîtrise des arts du feu et celle de la poésie, dans leur plus grande et merveilleuse simplicité !

 

 

Espace des Arts MITSUKOSHI – Étoile 3, rue de Tilsitt, Paris 8e

Jusqu’au 15 mai, de 10 h à 18 h, sauf dimanche et jours fériés.

Entrée 6 euros (gratuit pour les étudiants).

Site Mitsukoshi

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19 juin 2009 5 19 /06 /juin /2009 23:52
Le week end dernier, aux Portes Ouvertes des ateliers du 14e arrondissement de Paris, j'ai découvert un lieu agréable où s'épanouissaient de magnifiques réalisations de céramique. Il s'agissait de l'exposition des travaux des élèves d'Un Jour d'Atelier
Attirée par qualité des œuvres de faïence blanche joliment émaillées, mon envie, toujours sous-jacente, d'apprendre à utiliser un tour de potier m'a reprise. Dans l'atelier où j'apprends la céramique, l'étude de cette technique délicate n'existe pas. Malheureusement, je n'ai pas encore trouvé de cours pas trop cher pour m'y plonger qui soit proche de chez moi, mais je ne désespère pas !

En discutant avec les responsables de l'Atelier du 14e, j'ai aimé leur démarche. Les premiers essais ne sont pas destinés à être conservés. Seule la maîtrise du geste importe dans un premier temps. Avec pour but de savoir, au bout de la première année, faire une série homogène d'objets. L'utilisation des engobes, les diverses méthodes d'application de l'émail, la recherche d'un projet conceptuel et construit dans son ensemble tout cela m'a beaucoup intéressée.
Les tarifs ne sont pas donnés, mais apparemment cela vaut vraiment la peine ! Dommage encore une fois que cela se passe trop loin de mes Pénates, je me serais peut-être laissée tenter ! 
 
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26 mai 2009 2 26 /05 /mai /2009 13:43

 


Depuis une dizaine d’années maintenant, j’ai le privilège de prendre des cours de sculpture et de céramique dans un atelier de la banlieue parisienne. Lorsqu’on recherche ce type de lieu, on découvre rapidement des prix exorbitants, et parfois on peut même être dans l’incapacité de cuire ses pièces.

 

 

 

 

 

L’atelier de Sorano à Vincennes permet, d’une manière progressive, de fabriquer des objets décoratifs en céramique sans utiliser de tour de potier. La première année, on débute tous de la même façon pour apprendre à élargir ou diminuer sa création, en découvrant la faïence plus facile à travailler que le grès. Ce dernier cuit à plus haute température ce qui ne pardonne pas les erreurs ! Son emploi est donc enseigné dans un second temps.

 

L’utilisation du four n’est pas du ressort des élèves, à cause des risques que cela comporte, mais, après un stage d’une ou deux journées, on peut rapidement émailler ses pièces, utiliser des oxydes, des engobes ou des peintures spéciales.

 

 

 

L’atelier possède un vaste choix de couvertes industrielles, mais aussi des créations originales de la maîtresse d’atelier Michalinka Stuart.





 


Toujours prête à vous donner de nouvelles idées pour expérimenter formes, textures et couleurs, elle ne demande en retour que concentration, calme et humilité ! On n’apprend rien en un jour, et il faut une grande patience pour obtenir la forme parfaite.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 






Toutefois, comme tout le monde, je suis extrêmement fière de mes réalisations, qui ont décoré tout mon entourage, même si les plus anciennes ont un petit air penché !

Les photos de vases et autres pots que vous voyez ici sont les réalisations qui m’ont le plus captivées.

 

 

 

 

 



Ayant un peu de mal à venir régulièrement à cause de mon travail, je n’ai que rarement pu profiter de l’enseignement de la sculpture. Mais, jugez plutôt de la qualité des travaux des autres élèves à travers les œuvres en cours de réalisation. Nous travaillons d’après photos, en commençant toujours par un bas relief simple. Il ne faut pas être trop ambitieux, car sculpter en argile prend beaucoup de temps. On risque de se décourager à force de faire et défaire en fonction des variations de séchage et du tassement irrégulier de la terre au fil du temps. Mais le résultat en vaut vraiment la chandelle !

 

 

 













Il faut aussi être soigneux pour que la pièce puisse passer au four… Sinon, gare à l’éclatement et à l’anéantissement d’une, voire plusieurs années de labeur ! Ce malheur ne m’est arrivé que pour un vase (que j’adorais, snif !), mais voyez le résultat, alors que je tente de le réparer et de le transformer en pied de lampe : il a complètement perdu son fond…

Une fois, la pièce séchée lentement et cuite, il faut ensuite la patiner. Pour ma première sculpture, un bas relief égyptien, je suis restée dans les tons de pierres, comme si on venait de le trouver en plein désert.












Quant à la seconde, un visage de femme d’après Modigliani, j’ai choisi une faïence verte pour obtenir un bronze oxydé. Je suis loin d’égaler les élèves qui viennent ici depuis très longtemps, mais, le résultat n’est pas trop mauvais ! D’ailleurs, ma mère s’est empressée de se l’accaparer…

 

 

 

 

 

 

 

 

 


On n’est pas obligé de reproduire une sculpture préexistante : j’ai vu de très beaux masques africains, une adaptation d’un tableau de Picasso et un certain nombre de créations personnelles parmi les anciens de l’atelier. Certains, même, se lancent dans l’art difficile du portrait !

 

Le samedi, de temps en temps, Michalinka donne également des cours d’après modèle vivant qui sont vraiment intéressants pour ressentir l’anatomie en trois dimensions.

 




La période des inscriptions pour l’année prochaine débute déjà, si vous êtes de la région et que vous voulez des renseignements voici le numéro de téléphone de l’atelier de sculpture et céramique de Sorano de Vincennes (Val de Marne) :

01 43 74 73 74 (poste 110)



Si j’ai réussi à vous faire envie, peut-être nous y retrouverons-nous à la rentrée ?

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11 avril 2009 6 11 /04 /avril /2009 02:48

Je viens de visiter la nouvelle exposition de l’Espace des Arts Mitsukoshi – Étoile consacrée à la rétrospective de l’œuvre d’un céramiste d’art japonais contemporain au talent incroyable.

 

Elle s’achève malheureusement le 9 mai prochain, mais je vous la conseille vivement car elle présente des créations à mille lieues de ce qu’on pourrait s’attendre d’un maître potier nippon.

 

Héritier d’une lignée de céramistes de la ville de Hagi, MIWA Kyûsetsu XII*, possède le statut de « Trésor Vivant ». Son œuvre est surprenant de variété. Balançant entre mystique et sensualité, le tout teinté d’un humour certain, il a choisi de remédier à une lacune de la céramique japonaise qu’il considère inadmissible et même malsaine.

Il sera donc le premier potier japonais à introduire la dimension érotique dans ses créations. Impossible, non plus, de ne pas l’associer à son antagoniste : la mort. L’Eros, dans son travail, est cependant davantage une forme de sublimation de la fécondité. Ses créations parlent d’un Amour délicat, sensuel, avec des teintes douces voluptueuses mais fraîches. Notamment à travers sa série des Mariya, de sublimes bustes féminins à la texture veloutée et aux mains délicates. Ceux-ci ne sont pas sans rappeler la finesse de certains mangas. Le graphisme possède, d’ailleurs, une forte présence dans le travail hautement symbolique de MIWA. Les frises, comme les textes calligraphiés s’incrustent dans sa statuaire, et il n’hésite pas à représenter la déesse Himiko comme un gigantesque livre au cœur duquel s’ouvre une bouche / vulve.

 

 

 

 

 


 

Loin de se cantonner au « zen », son œuvre se révèle très passionné, dévoilant la force de son imaginaire torturé. Mêlant travail léché, lisse, géométrique au rugueux de la destruction. Nombre de ses séries profitent des effets fumés de la technique Kokutô**. « L’usure » fissure ses créations, jusqu’aux divinités même, rien n’étant pérenne. Pas même lui-même, car il ne compte pas vivre plus d’un millénaire ( !) et a déjà modelé son épitaphe.

 

En dépit de cette intense aura tourmentée, on se surprend à ressentir une certaine plénitude lorsqu’on se penche sur ses réalisations plus typiques du Japon comme ses minuscules Bouddha. Pour lesquels, il excelle dans la maîtrise du contraste noir et blanc.  Utilisant l’art subtil de la tradition céramique de Hagi (une couverte crémeuse blanche comme la neige pouvant se teinter de mauve très pâle en fonction de variations de température de cuisson.), MIWA, en tant que maître de sa lignée, se doit de concevoir des objets usuels de la Cérémonie du Thé. Mais cela, en gardant toujours à l’esprit son désir de transcender l’utilitaire en œuvre d’art à part entière.

 

Artiste dans l’âme, il a toutefois décidé de se consacrer à la poterie, car il s’émerveille de la lutte de tous les instants qu’exige la cuisson au four. Le travail du feu en céramique est capricieux, et c’est cette dimension indomptable, quasi divine, qu’il apprécie. Le voilà captivé par cette confrontation entre sa création et ce que l’élément va lui insuffler parfois fougueux, parfois heureusement complaisant… Force est de constater qu’on pourrait bien croire qu’il a été touché par la grâce divine. Il n’aura donc pas trop de mille ans pour exprimer sa brillante personnalité.

 

 

EROS D’ARGILE ET THANATOS FUSIONNELS

Espace des Arts Mitsukoshi – Étoile,

3, rue de Tilsitt Paris (8e)

01 44 09 11 11

www.mitsukoshi.co.jp/store/3010/france/miwa.html

 

* Au Japon, le nom de famille précède toujours le prénom. Ici, le prénom Kyûsetsu a été adopté par le nouvel héritier de la lignée à la mort de son père lorsqu’il lui a succédé. Il est alors devenu le douzième Kyûsetsu, perpétuant l’art de ses ancêtres.

 

** Datant de plus de cinq millénaires et venue de Chine, la poterie Kokutô consiste en un dépôt de fumée noire produite pas l’ajout d’aiguilles de pin en cours de cuisson.


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